Le droit animalier est une branche du droit qui vise à encadrer la protection et le bien-être des animaux, en reconnaissant leurs intérêts et en régulant les interactions entre les humains et ces êtres sensibles. De plus en plus pris en compte par les juridictions nationales et internationales, il s’impose comme une spécialité en constante évolution, portée par des avancées scientifiques, éthiques et législatives.

Une évolution législative et jurisprudentielle significative

En Wallonie en 2018 a été voté au parlement le code wallon du bien être animal. Celui ci est entré en vigueur en 2019 et a pour ambition d'assurer la protection et le bien-être des animaux, en tenant compte de leurs besoins physiologiques et éthologiques, ainsi que de leurs rôles au sein de la société et de l'environnement.

Ce nouveau texte permet de nombreuses avancées tant au niveau répressif qu’au niveau préventif. 

Ces avancées sont étudiées au quotidien dans les dossiers gérés par Maître Cavens et font l’objet d’un constant enseignement sur la manière dont les cours et tribunaux les perçoivent au cas par cas. 

Historiquement considérés comme des biens meubles ou des ressources exploitables, les animaux bénéficient aujourd’hui d’un statut juridique spécifique dans de nombreux pays. En France, par exemple, le Code civil reconnaît les animaux comme des "êtres vivants doués de sensibilité" depuis la loi du 16 février 2015, bien qu’ils restent soumis au régime des biens. D’autres textes, comme le Code pénal ou le Code rural et de la pêche maritime, prévoient des sanctions en cas de maltraitance, d’abandon ou de mise à mort injustifiée d’un animal.

Au niveau international, des conventions comme la Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie ou la Déclaration universelle des droits de l’animal contribuent à l’élaboration de standards minimaux de bien-être animal.

Un champ d’application varié et complexe

Le droit animalier couvre une multitude de domaines, allant de la protection des animaux domestiques à la régulation de l’élevage et de l’expérimentation animale. Parmi les thématiques centrales, on retrouve :

  • La protection des animaux de compagnie : réglementation sur l’adoption, interdictions de certaines pratiques (comme la coupe des oreilles et de la queue pour des raisons esthétiques), sanctions contre les actes de cruauté.
  • L’élevage et l’abattage : normes strictes visant à limiter la souffrance animale dans l’industrie agroalimentaire, encadrement du transport et des conditions d’élevage.
  • La faune sauvage et la chasse : législations relatives à la protection des espèces menacées, encadrement de la chasse et de la pêche, lutte contre le trafic d’animaux sauvages.
  • Les animaux utilisés à des fins scientifiques : restrictions sur l’expérimentation animale, encouragement des méthodes alternatives.
  • Le droit animalier dans les contentieux civils et pénaux : actions en justice contre les propriétaires maltraitants, litiges en matière de responsabilité en cas de dommage causé par un animal, saisies judiciaires d’animaux en danger.

 

Le rôle clé de l’Avocat en Droit Animalier

Un avocat spécialisé en droit animalier joue un rôle essentiel dans la défense des intérêts des animaux et de leurs propriétaires. Il peut intervenir à plusieurs niveaux :

  • Assistance juridique pour les particuliers et les associations de protection animale.
  • Défense devant les juridictions civiles et pénales en cas de maltraitance ou de négligence.
  • Conseil aux professionnels du secteur animalier (éleveurs, vétérinaires, refuges, etc.) sur la réglementation en vigueur.
  • Sensibilisation et plaidoyer pour une amélioration continue du cadre législatif.

 

Une discipline en mutation constante

Avec l’évolution des mentalités et les progrès scientifiques sur la cognition et la sensibilité animale, le droit animalier est amené à se renforcer et à se diversifier. De nombreuses initiatives législatives émergent à travers le monde, telles que l’octroi d’une personnalité juridique aux grands singes ou la reconnaissance de droits fondamentaux à certaines espèces. Ces avancées témoignent d’une prise de conscience croissante quant à l’importance de protéger les animaux et de garantir leur bien-être.

Faire appel à un spécialiste en Droit Animalier

Que vous soyez un particulier, une association ou un professionnel en lien avec les animaux, consulter un avocat spécialisé en droit animalier vous permettra d’obtenir des conseils avisés et une défense efficace en cas de litige. Face à la complexité croissante des normes et à la sensibilité grandissante du public envers la cause animale, un accompagnement juridique adapté est un atout précieux pour garantir le respect des droits des animaux et des obligations légales en la matière.

Si vous avez des questions ou besoin d’une assistance juridique en matière de droit animalier, n’hésitez pas à nous contacter. Notre cabinet est à votre écoute pour vous accompagner dans toutes vos démarches et défendre les droits des animaux avec rigueur et engagement.

Une interrogation ?
Foire aux questions
  • Qu'est-ce que le droit animal ?
    Le droit animal regroupe l’ensemble des lois et réglementations visant à protéger les animaux, à garantir leur bien-être et à encadrer leur relation avec les humains. Il concerne des domaines comme la protection contre la maltraitance, le statut juridique des animaux et leurs conditions de détention.
  • Les animaux ont-ils des droits en Belgique ?
    Oui, bien évidemment. Le bien-être animal a été intégré dans notre Constitution en mai 2024 Fin 2023, le Sénat a approuvé unanimement une révision de la Constitution belge qui consacre les animaux comme des êtres sensibles. Le 3 mai 2024, un nouveau texte très attendu a fait son entrée dans la constitution belge. Le texte ajoute les mots suivants à l’article 7 bis de la Constitution : « Dans l’exercice de leurs compétences respectives, l’État fédéral, les Communautés et les Régions veillent à la protection et au bien-être des animaux en tant qu’êtres sensibles. » Jusqu’à présent seul le Code civil belge permet une protection animale depuis 2020 : l’adoption d’une catégorie « être sensible » ne considère plus l’animal comme un « bien ». L’inscription des animaux comme êtres sensibles dans la Constitution permettra en principe une meilleure défense juridique de l’animal et impactera les décisions judiciaires en cas de maltraitance. Une fois approuvée en séance plénière du Sénat, la proposition de révision sera ensuite envoyée à la Chambre qui devra à son tour se prononcer. En Région wallonne, les animaux ont leur « code du bien-être » depuis 2019
  • Que faire si je suis témoin de maltraitance animale ?

    Si vous observez un cas de maltraitance (violence, négligence, mauvais traitements), vous pouvez signaler les faits à la police, ou directement au service bien être animal de votre arrondissement, ou faire appel à la S.P.A. la plus proche.

  • Quels sont les droits des animaux domestiques ?
    Les animaux domestiques ont droit à des soins adaptés, une alimentation adéquate, un habitat décent et une protection contre la souffrance. L’abandon et les mauvais traitements sont passibles de sanctions pénales pouvant aller jusqu'à plusieurs années de prison et des amendes.
  • Les animaux sauvages ont-ils une protection juridique ?
    Oui, la loi protège les animaux sauvages, notamment les espèces menacées. Certaines espèces bénéficient d’une protection stricte et leur capture, détention ou commerce sont interdits sans autorisation spécifique. Des réglementations encadrent également la chasse et l’exploitation des animaux sauvages en captivité.
  • Concrètement, qu’est ce que le code wallon du bien être animal?

    Ce Code wallon commence par un premier article précisant que L’animal est un être sensible qui possède des besoins qui lui sont spécifiques selon sa nature. Ce code comporte 12 chapitres et 109 articles, qui ont pour but de garantir un plus grand respect des animaux, ce texte traite notamment de la détention des animaux, des pratiques interdites et des interventions autorisées sur ces derniers, de leur commerce, de leur transport et de leur introduction sur le territoire wallon, des abattages, des expériences pratiquées sur eux ainsi que du contrôle, de la recherche, de la constatation, de la poursuite, de la répression et des mesures de réparation des infractions en matière de bien-être animal. A titre d’exemple, il faut être majeur – 18 ans – pour pouvoir détenir un animal. La loi impose également de fournir une alimentation, des soins, un abri qui conviennent à l’animal. Il est interdit d’abandonner un animal, de l’enfermer, de l’attacher sans interruption, et de le faire souffrir. Il ne sera plus possible de donner un animal lors d’une tombola ou encore de teindre ou colorer un animal. Il sera en outre interdit d’organiser des combats ou des exercices de tir sur animaux, et les hippodromes de kermesse seront bannis. Ces règles concernent les simples citoyens, mais aussi les éleveurs, les cirques et les parcs zoologiques soit tous les secteurs ou intervenants susceptibles d’entrer en contact de près ou de loin avec les animaux. Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le code wallon du bien-être animal

  • Qu’est ce que le nouveau permis de détention?

    Instauré depuis 2019 par le Code wallon du Bien-être des animaux, le permis de détention d'un animal de compagnie est devenu effectif le 1er juillet 2022. Une période d’adaptation avait été instaurée jusque fin septembre 2022.

    Jusqu'à présent, toute personne disposait tacitement de ce permis. Il pouvait être retiré en cas de mauvais traitement envers un animal.

    Depuis le 1er juillet 2022, il est nécessaire de présenter un extrait du fichier central de la délinquance environnementale et du bien-être animal pour acquérir (acheter, adopter ou recevoir) un animal de compagnie.

    Cet extrait, délivré par l'administration communale, établit que la personne n'est pas sous le coup d'une interdiction de détention ou déchue de son permis de détenir un animal de compagnie, ces deux peines pouvant être prononcées tant par un juge que par un fonctionnaire sanctionnateur.

    Les commerces, les refuges et les élevages doivent demander à toute personne qui souhaite adopter, acheter ou recevoir un animal de compagnie de fournir cet extrait de fichier central.

    Concrètement, ce ne sera qu’en cas d’infraction que ce permis pourra vous être retiré, l’objectif étant de protéger les animaux et d’éviter qu’ils ne se trouvent confiés à des récidivistes de la maltraitance animale. 

    Vous l’aurez compris, ce permis n’a d’intérêt que lorsqu’il est retiré soit à posteriori, en suite de souffrances malheureusement avérées. 

    Il ne s’agit pas d’une solution révolutionnaire ni parfaite mais elle a pour intérêt de limiter la casse une fois le comportement infractionnel découvert. C’est une avancée qu’il faut saluer. 

    Le permis peut être retiré provisoirement ou à vie, cela dépend des cas soumis. L’avocat peut plaider en faveur d’une mesure de clémence afin d’éviter une punition trop sévère dans des cas spécifiques ou à contrario afin de la solliciter le cas échéant. 

    Quels sont les apports réels du nouveau texte ? 

    Grâce à ce cadre législatif nouveau, la maltraitance sera sévèrement punie en Wallonie, le nouveau code la faisant passer en infraction de première catégorie, ce qui correspond à des peines maximales de 10 à 15 ans de prison et à une amende pouvant aller jusqu’à 10 millions d’euros.

    Il est important de noter qu’à Bruxelles, les animaux ne sont plus reconnus comme des “meubles”, ce qui n’est pas le cas dans toute la Belgique. 

    En Région bruxelloise, les animaux aussi bénéficient d’une meilleure protection de la loi. Ils ne sont plus considérés légalement comme des meubles, mais comme des êtres vivants “avec des sentiments”. Le statut qui leur est accordé dans la loi relative au bien-être animal a changé.

    Depuis la loi du 14 août 1986, un animal était perçu comme un bien. Cette vision obsolète de l’animal ne correspond plus à notre société, où nos fidèles compagnons ont pris une valeur de plus en plus importante ces dernières décennies.

    Il faudra encore un peu de patience pour que cela ressorte dans un texte législatif en vigueur, mais c’est une sérieuse avancée qu’il est important de connaitre puisque cette modification législative s’inscrit dans une tendance à dépasser la simple protection des animaux et aussi à assurer leur bien-être général et à répondre à leurs besoins

    Vous pouvez retrouver la législation en vigueur dans la région bruxelloise ici.

    Il est important de noter qu’en 2024, le parlement flamand a également adopté un code du bien-être animal. il prévoit notamment à l’article 10.§ 1er : « Toute personne qui détient, soigne ou est chargée de soigner un animal prend les mesures nécessaires pour lui fournir une alimentation, des soins, un logement et un abri appropriés à sa nature, à ses besoins physiologiques et éthologiques, à son état de santé et à son degré de développement, d’adaptation ou de domestication. § 2. Chaque animal dispose d’un espace et d’une liberté de mouvement adéquats conformément à ses besoins physiologiques et éthologiques.

    L’animal n’est pas habituellement ou constamment attaché ou enfermé. »

    Vous pouvez consulter le code flamand du bien-être animal ici.

    La région bruxelloise est donc la seule en Belgique qui n’a pas encore de Code du bien-être animal, on espère que cela ne tardera pas plus. 

Donnons une voix à ceux qui n'en n'ont pas, et rendons là à ceux qui l'ont perdue.

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